L’éducation à l’environnement vise à former des citoyens conscients, responsables et respectueux des autres et de leur environnement, capables de participer à l’action et la prise de décision collective. Il n’existe pas de cadre formel en éducation à l’environnement, mais diverses manières de l’aborder, en s’appuyant sur ces trois principes : savoir, c'est-à-dire avoir une connaissance objective des systèmes et processus concernés, savoir-faire, posséder les techniques, la méthodologie pour approcher le problème, et savoir être, se comporter respectueusement de soi, de son environnement et de la société.


HISTORIQUE

Au niveau international, le concept d’éducation à l’environnement apparaît pour la première fois en 1992, lors du « Sommet de la Terre » à Rio. Dans l’Agenda 21 qui en ressort, la  participation des citoyens est considérée comme la meilleure façon de traiter les questions d’environnement (principe 10) et le chapitre 36 de la déclaration finale fait la promotion de l’éducation à l’environnement. Le lancement, en 2005, de la Décennie des Nations Unies pour l’Education en vue du Développement Durable par l’UNESCO, donne à l’EEDD une importance nouvelle.
En France, c’est au ministère de l’Education Nationale (MEN) que l’on doit les classes vertes, les activités d’éveil, les projets d’action éducatifs… Le ministère de l’Agriculture inscrit un cours d’écologie dans ses programmes dès le début des années 1970. Le développement de l’éducation à l’environnement fait partie des missions du ministère de l’Environnement, créé en 1971. Il le fait principalement en s’appuyant sur les associations. Le ministère de la Jeunesse et des Sports s’implique en mettant en place des BAFA spécialisés puis le BEATEP environnement.
On retrouve l’éducation à l’environnement dans la stratégie nationale pour le développement durable (SNDD) mise en place par le gouvernement en 2003, puis dans le projet de loi constitutionnelle relatif à la Charte de l’environnement approuvé par le Congrès le 1er juin 2004. L’EE est donc maintenant reconnue au sein même de notre Constitution. Cela se traduit en juillet 2004 par la Circulaire du MEN, appelant à la « généralisation de l’éducation à l’environnement vers un développement durable » de l’école au lycée. Cette même circulaire reconnaît la nécessité d’établir des partenariats avec les associations et recommande la création de comités de pilotage EEDD dans chaque académie.
En 2007, deux circulaires ministérielles viennent consolider le dispositif : en mars, celle du MEN qui consacre entre autres le concept d’établissement en démarche de développement durable (E3D), et en septembre, celle du ministère de l’Agriculture (largement inspiré des repères de l’Avise : « éducation à l’environnement vers un développement durable »).


REFLEXIONS

Les dossiers de synthèse de l’Institut national de la recherche pédagogique :

Le développement durable : une méthode de réflexion ? « […] L'éducation, à commencer par l'enseignement du primaire au supérieur, est peut-être le lieu privilégié pour favoriser le changement des mentalités  […]»

Vers une didactique de l'EEDD « L'un des principaux moyens d'accéder au " développement durable " passe par " l'éducation à l'environnement vers le développement durable " dont les objectifs seraient de participer à la formation d'acteurs sociaux éveillés au monde, acceptant les différences et capables de construire dans l'échange […]»


PARTENAIRES

L’éducation à l’environnement est un secteur à structuration complexe : associations, Etat, collectivités, entreprises, les acteurs sont d’origines très diverses. Ce sont cependant les associations qui s’en occupent le plus, et depuis le plus de temps.
La plupart de ces associations sont regroupées en réseaux territoriaux d’éducation à l’environnement (RTEE), structures transversales organisées à l’échelle nationale (au sein du Réseau Ecole et Nature), régionale (au sein des GRAINEs, REEB, ARIENA…), ou encore départementale. L’objet de ces réseaux est de promouvoir et développer l’éducation à l’environnement pour tous, à travers la mise en relation des acteurs, la création et la diffusion de ressources pédagogiques, l’information et la mutualisation des ressources, la formation, le soutien et la représentation des acteurs, etc …
Afin de réunir l’ensemble des acteurs concernés par l’éducation à l’environnement, c’est à dire au-delà des RTEE, la société civile, les partenaires publics et les entreprises, se sont formés des collectifs. Le premier et principal est le Collectif Français pour l’Education à l’Environnement vers un Développement Durable (CFEEDD), et il existe des Collectifs Régionaux pour l’Education à l’Environnement (CREE) qui concrétisent leur action à travers la conception et la mise en place de Plans d’Action Régionaux, de Conventions Cadres, de Déclarations d’Engagement ou de Chartes Régionales, ratifiés par l’ensemble des parties prenantes.
Le CFEEDD a organisé en 2000 les premières Assises Nationales de l’EE à Lille, rassemblant plus de 1100 personnes et menant à l’élaboration d’un Plan National d’Action. Une seconde édition de ces assises a eu lieu à Caen fin octobre 2009.


ENJEUX

La vision du Collectif Français pour l’Education à l’Environnement vers un Développement Durable :

Faisant suite aux sorties nature, l’éducation à l’environnement s’est enrichie quant à son contenu : déchets, eau, mobilité, consommation, climat, biodiversité, énergie, milieu urbain… deviennent ses thèmes majeurs. L’éducation à l’environnement devient une éducation au territoire avec des collectivités territoriales s’impliquant fortement. On parle de plus en plus d’éducation au développement durable ; les problématiques culturelles, sociales et économiques sont incluses de façon plus marquée que par le passé dans le propos éducatif. L’éducation à l’environnement a évolué aussi socialement. Les acteurs ont ressenti dans un premier temps le besoin d’échanger entre eux, puis d’échanger avec les décideurs politiques pour amorcer une action collective. Grâce au travail réalisé par des milliers d’acteurs, professionnels et bénévoles, sur le terrain, parfois soutenu financièrement par les collectivités territoriales, la population (jeunes, étudiants, habitants, entrepreneurs, élus, commerçants, populations en difficulté,….) prend conscience des enjeux et s’implique dans la mise en œuvre du développement durable sur les territoires.
En France, en soutenant la constitution des réseaux d’acteurs et sur la base de documents officiels tels que la Charte de l’environnement et des dispositifs tels que « la semaine de la mobilité », les pouvoirs publics se sont impliqués, mais les résultats restent encore trop faibles. Le traitement de l’EEDD au sein du processus du Grenelle de l’Environnement donne peu d’espoir de progression. Pourtant, la non-éducation a un coût. C’est dans les territoires, au plus près des administrés que les leviers d’actions sont encore les plus efficaces : aider les habitants à adhérer à des programmes de tri sélectif, les encourager à participer à la vie de la commune, les soutenir dans leurs actions respectant l’environnement… L’écocitoyenneté, sous toutes ses formes, doit être encouragée. Tous les élus, le maire, les conseillers municipaux et les conseillers généraux et régionaux ont sur ce volet beaucoup de légitimité à agir (source : CFEEDD).

Décennie des Nations Unies pour l’Education en vue du Développement Durable (DESD) > 2005-2014

L’UNESCO, Organisation des Nations Unies pour l’Education, les Sciences et la Culture, est l’organisation responsable de la coordination de la décennie.

Les défis de cette décennie sont d’aller au-delà de l’éducation à l’environnement pour passer à l’éducation en vue du développement durable ; de dresser un état des lieux de la situation de la décennie dans chaque pays afin d’accélérer l’intégration de cette nouvelle vision de l’éducation dans les plans nationaux ; de mobiliser les médias, puissant moyen de sensibilisation et diffusion des principes, valeurs et expériences du développement durable ; et d’établir des partenariats et créer des synergies entre les initiatives et programmes, car aucune institution même d’envergure mondiale ne peut parvenir seule à atteindre de tels objectifs.

Au cours de la décennie, l’éducation en vue du développement durable contribuera à former des citoyens capables d’affronter les défis du présent et du futur, et des décideurs opérant des choix pertinents pour un monde viable.
Pour y parvenir, la décennie s’attachera à la promotion et l’amélioration de la qualité de l’éducation, la réorientation des programmes d’enseignement, la sensibilisation du public au concept de développement durable et la formation de la population active.

Voici quelques exemples de ce par quoi passera la réalisation d’un développement durable :

  • Cultiver la paix
  • Lutter contre le réchauffement climatique
  • Réduire les déséquilibres Nord/Sud et lutter contre la pauvreté
  • Lutter contre la marginalisation des femmes et des filles

« Le plus grand défi, au cours de ce nouveau siècle, est de prendre une idée qui semble abstraite - le développement durable - et d’en faire une réalité quotidienne pour tous les peuples du monde. » Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies

(Source : UNESCO)