IDEES RECUES

« C’est la préservation de l’environnement, l’écologie »
« C’est un mode de développement économique »
« C’est utiliser le moins d’énergies fossiles possible »
« C’est un leurre » …

Si on pose la question autour de soi, on obtient autant de réponses que de personnes interrogées. Bien souvent, la réponse n’est pas fausse mais incomplète. Voici une petite présentation du développement durable pour permettre une première approche de ce vaste concept et de se faire sa propre idée.


COMPRENDRE

Il devient évident ces dernières années que notre monde change, et on ne peut plus occulter les problèmes qui ont émergé de notre mode de développement actuel. Une démographie exponentielle, des écosystèmes détraqués, des villes qui n’en finissent plus de s’étendre, des montagnes de déchets grandissantes, des écarts de richesse qui se creusent entre le Nord et le Sud, une Terre dont les ressources s’épuisent et la violence accrue de phénomènes météorologiques extrêmes… De toutes parts, les preuves d’un dysfonctionnement s’accumulent. Il convient donc de repenser nos modes de vie.

Afin de réagir à tous ces problèmes, un nouveau mode de développement à été définit, il sera « durable ».

C’est le rapport Brundtland, publié par la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement en 1987, qui a introduit le concept de développement durable : "développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs". Sur la base de cette définition unique, les interprétations vont diverger, en s’appuyant sur les diverses conceptions des relations entre les humains et la nature. D’un côté les tenants de la «durabilité forte », pour qui les espèces et les écosystèmes ne sont pas remplaçables, et pour qui la durabilité impose la conservation intégrale de la nature. De l’autre, les tenants de la «durabilité faible», pour lesquels le progrès technique permet de substituer des produits à une nature qui n’est plus indispensable (Godard, 1994).

Le développement durable repose sur 4 piliers :

  • environnemental
  • social
  • économique
  • démocratique

ENJEUX

Les enjeux environnementaux

Le changement climatique, la perte de biodiversité et l’épuisement de multiples ressources naturelles (comme l’eau) sont les trois grands défis environnementaux que l’on rencontre aujourd’hui.
On utilise des indicateurs pour prendre leur mesure. Par exemple, le calcul de l'empreinte écologique de l'humanité, c'est-à-dire la surface utilisée pour produire toutes les ressources nécessaires à son fonctionnement, est très instructif : si tous les habitants du monde vivaient comme un européen, il faudrait l'équivalent de deux autres Terre pour satisfaire leurs besoins !!!
Cela amène à se poser la question de l’équité inter et intra-générationnelle (entre les différents groupes humains), on entre là dans la sphère des enjeux sociaux du développement durable.

Les enjeux sociaux

Aujourd’hui, 20 % de la population concentre 86 % des richesses produites annuellement (source : UNDP). Plus d'un milliard de personnes vivent avec moins de un dollar par jour et sont privées d'accès aux besoins fondamentaux (eau potable ou soins médicaux par exemple).
La dégradation de l’environnement par des facteurs toxiques, infectieux ou sociaux (eau de mauvaise qualité,  problèmes respiratoires, cancers, souches résistantes aux antibiotiques…)  est responsable d’un quart des maladies et cause 13 millions de décès par an dans le monde (source : rapport de l’OMS sur les maladies environnementales)
Une part croissante des populations se sent exclue soit par dégradation du lien social (vieillesse, éclatement des familles) ou du fait de l'impossibilité à trouver un travail ou un logement.
Ces conséquences sociales découlent de nos choix de développement actuels, un développement durable vise à faire disparaître ces inégalités .

Les enjeux économiques

Nous vivons sous un système économique libéral, c'est-à-dire qui est basé sur le principe d'un marché où la concurrence est libre. Les activités économiques, si elles procurent richesses et emplois, sont également à l'origine de problèmes sociaux et écologiques graves.
Le développement durable doit permettre d'intégrer des préoccupations autres que financières dans le fonctionnement des acteurs économiques. En effet, on constate que la richesse produite est toujours plus inégalement répartie, que ce soit entre les pays ou entre les couches sociales d'un même pays.
L'enjeu est de taille : redonner à l'économie sa place indispensable dans la société, sans qu’elle soit moteur des choix (source : Conseil général de l’Isère).

Les enjeux démocratiques

Le développement durable passe par la mise en œuvre de relations nouvelles entre les citoyens et les autorités publiques. L’Etat n’est pas le seul responsable du développement durable. Il faut une implication de tous les groupes socio-économiques. La réalisation effective des objectifs du développement durable, ne peut aboutir que si l’ensemble des acteurs de la société agit en commun : les entreprises privées, publiques, les associations, les ONG, les syndicats et les citoyens.
Dans de nombreux pays, cela signifie le respect de libertés fondamentales (droit de vote, liberté de la presse, de se syndiquer, etc.). Dans un pays comme la France, il s'agit de donner à tous -notamment aux plus démunis- les moyens de s'exprimer.
L'enjeu du développement durable pour les politiques publiques est de devenir plus efficace, en favorisant la concertation avec les acteurs de la société civile.

Une autre vision du développement durable :

Voici une chronique de Tristan Lecomte, fondateur d’Alter Eco, qui a été publiée sur l’EXPRESS.fr le 27 octobre 2009 : L'humilité sauvera le monde
« On a cru pouvoir nourrir et apprivoiser la nature avec des produits chimiques mais on n'a fait que l'asphyxier et la détruire, les sols sont meurtris par ces millions de tonnes de pesticides et d'engrais chimiques déversés dans nos campagnes et nos rivières. On a cru que la finance néo-libérale créait des richesses comme jamais, et assurait un équilibre presque idéal des marchés, on a abouti à des crises économiques et financière très graves et des inégalités criantes, inacceptables. On a cru que l'on pouvait tout se permettre, produire, consommer et voyager sans limite, puiser dans les ressources infinies de la Terre, mais on se retrouve à présent face à un impératif climatique qui remet en cause notre propre survie.
On condamne "l'autre", on cherche les coupables ailleurs, alors que nous portons tous cette responsabilité et que nous sommes tous appelés à agir.
C'est le retour à des valeurs comme l'humilité et le renoncement, la reconnaissance de la puissance de la nature et de la nécessaire solidarité entre tous les hommes qui nous sauvera. Il ne s'agit pas d'un discours moralisateur mais d'une réflexion de bon sens. Nous devons revenir au bon sens paysan et aux valeurs humanistes car ils nous reconnectent à notre nature profonde. Nous devons vivre plus en harmonie avec la nature car c'est la condition de notre bonheur.
Nous devons nous libérer des artifices de l'ego, sans cesse stimulé par les outils de notre société consumériste, pour élever l'homme. Plus n'est pas forcément mieux et "avoir" moins fondamental qu'"être", cela devient une évidence dans notre société "moderne". Le changement de société auquel nous sommes appelés pour changer le monde consiste donc avant tout en un travail sur soi. Une prise de conscience que l'Homme ne peut pas tout, et qu'une des conditions de son propre bonheur et épanouissement, passe par la reconnaissance de ses propres limites. Ce renoncement n'a rien de frustrant, il est libérateur, il est le point de départ d'une vie plus harmonieuse avec la nature et plus heureuse avec tous les hommes. A n'en pas douter, c'est bien l'humilité qui sauvera le monde."


AGIR

Aujourd’hui, on tente de réduire les inégalités et de permettre à chacun de répondre à ses besoins pour être libre de son choix de vie ; au-delà du partage équitable des ressources, il s’agit de les gérer de manière à ce qu’elles puissent répondre aux besoins des générations futures.

A l’échelle Internationale

Des sommets internationaux sont organisés, généralement sous l’égide des Nations Unies, pour négocier des stratégies d’action communes ou complémentaires (tenant compte des spécificités de chaque pays). On peut citer en exemple le Sommet de la Terre de 1992 à Rio, qui a donné naissance à la Convention sur la Diversité Biologique (lien vers la convention), la Convention-cadre sur les Changements Climatiques et le programme « Action 21 ».
L’Organisation des Nations Unies (UNO) possède un Programme Mondial pour le Développement Durable (DSD), un Réseau Mondial pour le Développement (UNDP) qui est à l’origine des Objectifs de Développement pour le Millénaire (ODM ou MDGs), qui visent principalement à réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici 2015, ainsi qu’un Programme pour l’Environnement (UNEP).
ICLEI, Les Gouvernements Locaux pour le Développement Durable, Conseil international pour les initiatives écologiques locales, a été lancé au siège des Nations-Unies à New York, en 1990. Sa mission est de développer et de desservir un mouvement mondial de collectivités locales, pour progresser concrètement sur la voie du développement durable, grâce à l’effet cumulatif d’actions à l’échelle locale et en se préoccupant notamment de l’état de l’environnement.
ICLEI compte plus de 460 membres - des villes, des communes, des comtés et des associations aux quatre coins du monde - dont les rangs ne cessent de grossir. Les membres d’ICLEI, en compagnie de centaines d’autres collectivités locales, participent aux campagnes internationales et aux projets locaux d’ICLEI.

A l’échelle Européenne

L'Union européenne établit une stratégie à long terme qui vise à concilier les politiques ayant pour objet un développement durable du point de vue environnemental, économique et social, afin d'améliorer de façon durable le bien-être et les conditions de vie des générations présentes et à venir. La stratégie européenne de développement durable a été proposée pour la première fois en 2001, puis réactualisée en 2006.

L’Union Européenne adispose de plusieurs dispositifs pour la gestion de l’environnement :

  • La Commission Européenne, organe exécutif de l’Union européenne, assistée de la direction générale de l’environnement, propose des actions ou des textes de lois et veille à leur application.
  • Le Conseil Européen de l’environnement, constitué par les ministres de l’environnement des États membres, décide sur proposition de la Commission Européenne.
  • Le Parlement Européen est co-décisionnaire du Conseil.

Les actions de l’UE en matière d’environnement ne se font pas au coup par coup mais participent d’une vision globale et stratégique des problèmes environnementaux.
Le 6ème programme d’action pour l’environnement (2002/2010) dégage ainsi quatre domaines d’action prioritaires :

  • Atténuation des changements climatiques
  • Protection de la nature et de la biodiversité
  • Traitement des problèmes liés à l’environnement et à la santé
  • Utilisation raisonnée des ressources naturelles et gestion durable des déchets

A l’échelle Nationale

  • Stratégie Nationale de Développement Durable
  • La Charte de l’environnement, élaborée en 2004 et adossée à la Constitution en 2005, est un bon exemple de ce que peut être un cadre d’action général fixé pour le bien de tous. Elle introduit quatre principes issus de la déclaration du sommet de Rio :
    • Le principe de précaution ;
    • Le principe pollueur-payeur ;
    • Le principe d’action préventive et de correction qui concerne les atteintes à l’environnement et vise à utiliser les meilleures techniques possibles à un coût acceptable ;
    • Le principe participation-information qui donne le droit d’avoir accès aux informations relatives à l’environnement et l’associe au processus d’élaboration des projets ayant une incidence importante sur l’environnement ou l’aménagement du territoire.
  • Processus participatifs :
    • Le Grenelle Environnement visait à définir une feuille de route en faveur de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables, en rassemblant autour d’une table ronde différents acteurs d’une problématique donnée, pour émettre des propositions. Le Grenelle Environnement a rassemblé 5 Collèges : l’Etat, les collectivités locales (représentant les autorités), les associations, les entreprises et les syndicats pour les salariés (représentant la Société civile). Ces acteurs ont fait des propositions d’action pour chaque thématique, qui ont été soumises à consultation publique en régions et sur Internet.  Les propositions remaniées ont ensuite été à nouveau débattues par les 5 collèges. Les conclusions seront transformées en droit français dans deux lois, la loi cadre dite « Grenelle 1 » et la loi Engagement national pour l’environnement dite « grenelle 2 ».

A l’échelle Collective (entreprises, institutions)

  • Comité 21, réseau d’échange permettant aux collectivités territoriales de bénéficier d’exemples de bonnes pratiques et de trouver des réponses à des questions spécifiques aux Agenda 21
  • Normes ISO 14001 (International Organization for Standardization), normes de management environnemental les plus utilisées de la série ISO 14000, qui aident les organisations de toutes sortes à améliorer leurs performances environnementales tout en exerçant un impact positif sur leurs résultats.
  • Label NF-Environnement, qui est une marque volontaire de certification délivrée par AFNOR Certification, certification écologique officielle française qui distingue les produits dont l'impact sur l'environnement est réduit.
  • Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), c’est la déclinaison des principes du développement durable à l’échelle de l’entreprise, signifiant essentiellement que les entreprises, de leur propre initiative, contribuent à améliorer la société et à protéger l’environnement, en liaison avec les parties prenantes.

A l’échelle individuelle

La semaine du développement durable :

Organisée chaque année depuis 2002, la Semaine du développement durable a lieu sur l'ensemble du territoire au début du printemps. Tous les acteurs locaux se mobilisent à cette occasion pour sensibiliser le public aux enjeux du développement durable. Cette semaine constitue désormais le rendez-vous national pour adopter une démarche éco-citoyenne.

http://www.semainedudeveloppementdurable.gouv.fr/