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Nouveauté 2012 : une galerie de photographies prises d'Auschwitz-Birkenau.

Témoignage de Tadeusz Sobolewicz * prononcé lors d’une cérémonie du souvenir le 30 septembre 2011 à Auschwitz-Birkenau.


* Acteur et auteur polonais, survivant des camps de concentration nazis

 
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Le 27 janvier est la date anniversaire du 27 janvier 1945, jour où les troupes de l’Armée rouge sont entrées dans le camp d’Auschwitz-Birkenau : les soldats soviétiques ne purent libérer que quelques centaines de mourants dans un camp abandonné, les prisonniers d’Auschwitz ayant été contraints de suivre les nazis dans leur fuite vers l’Allemagne lors des « marches de la mort ».

Cette date anniversaire a été choisie par la France depuis 2003 comme la journée de la mémoire de la Shoah et de prévention des crimes contre l’humanité dans les établissements scolaires. Chaque année, les enseignants et les membres de la communauté éducative sont invités à mener, avec les élèves et avec les jeunes qu’ils encadrent, une réflexion sur les évènements qu’ont constitué la Shoah et les génocides avérés et reconnus commis au XXème siècle. Depuis 2006, la journée du 27 janvier est proclamée par l’ONU : Journée mondiale du souvenir des victimes de la Shoah

En 2009, la Journée du 27 janvier devient Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’Humanité.

Origines des concepts et définitions

Les termes de génocide et de crime contre l’Humanité sont aujourd’hui entrés dans le langage courant, souvent banalisés, pour dénoncer de façon superlative, des guerres, massacres…

« Le crime contre l’Humanité est une notion précieuse qui doit être appliquée avec le plus extrême discernement ».

Il en est de même pour le génocide, sa forme aggravée.
Il est donc indispensable de replacer ces termes dans leur cadre : génocide et crimes contre l’Humanité sont des concepts juridiques et historiques encadrés par le Droit. Ils trouvent leur source et ont été, pour la première fois, définis lors du Tribunal Militaire International de Nuremberg, réuni à l’automne 1945.
En effet, confrontés à des crimes sans précédent, les juristes de Nuremberg ont été amenés à forger de nouveaux concepts permettant d’inculper de hauts criminels nazis. Ces derniers ont été jugés coupables de crimes de guerre, crime contre l’humanité et de génocide.Ces qualifications ont permis de constituer la base du droit pénal international actuellement en vigueur.

Les crimes de guerre : ces termes sont explicites, il s’agit de crimes commis en temps de guerre, en quelque sorte hors du champ des « lois de la guerre ».Ce sont des abus criminels commis par des armés : massacres de populations civiles, viols perpétré dans le cadre des affrontements ...
Le chef d’accusation de crime de guerre - seul outil juridique dont disposait le Tribunal de Nuremberg - ne permettait pas d’incriminer, par exemple, l’internement en camps de concentration des opposants allemands, le meurtre systématique des populations juives allemandes… : ces crimes n’étaient pas un effet de la guerre au sens d’affrontements entre nations.
Le terme de génocide a été proposé. Ce concept avait été conçu pendant la guerre par un juriste polonais d’origine juive réfugié aux États-Unis, Raphaël Lemkin, répondant indirectement à Churchill qui parlait de « crimes sans nom ».
Forgé du préfixe grec genos – origine, espèce – et du latin cadere – tuer – sur le modèle du concept d’homicide – meurtre, refus du droit à l'existence à un individu - le génocide est le meurtre ou le refus du droit à l'existence de groupes humains entiers.
Cependant, cette nouvelle catégorie pénale n’a été immédiatement reprise par le Tribunal, ne répondant pas totalement aux attentes de juristes à Nuremberg : parmi les victimes de persécutions, certaines n’appartenant pas à un groupe humain « national, racial, ethnique ou religieux » : les résistants par exemple…

Un autre concept a alors été conçu, afin de prendre en compte, dans leur totalité, toutes les victimes des crimes nazis : le crime contre l’humanité. Le tribunal de Nuremberg en fournit pour la première fois une définition, en 1945 :

Le crime contre l’Humanité recouvre les"Atrocités et délits, y compris mais sans être limités à l'assassinat, à l'extermination, la mise en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toute population civile, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux lorsque ces actes ou persécutions, qu'ils aient constitué ou non une violation du droit interne des pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du tribunal".
Si ces définitions juridiques ont légèrement évolué, elles constituent, aujourd’hui encore, le socle de référence du Droit pénal international : le crime de génocide entre dans la catégorie des Crimes contre l’Humanité, en représentant la forme la plus grave.
En 1948, dans le sillage de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, l’ONU a reconnu la nécessité de créer une cour permanente afin de prévenir les crimes de génocide et de crime contre l’Humanité, et d’être en capacité de poursuivre les responsables de ces crimes où qu’ils soient commis dans le monde.
La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, approuvée en 1948 par l’Assemblée générale de l’ONU, entre en vigueur en 1951.
En 1970, entre en vigueur une convention (adoptée en 1968) sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et crimes contre l’Humanité.
Ces crimes sont désormais imprescriptibles, c'est-à-dire, qu’ils peuvent être jugés sans limite de temps.

L’évolution du Droit pénal international a mené à la création de la Cour pénale internationale (CPI), première cour pénale internationale permanente - créée par le Traité de Rome (signé en 1998) – en exercice depuis 2002 ; son siège se trouve à la Haye, aux Pays-Bas.