Résister !
« Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas »
Charles de Gaulle, 18 juin 1940.
L'Appel du 18 juin 1940, lancé sur les ondes de la BBC par le Général de Gaulle, est l'acte de naissance officiel de la Résistance en France. C'est autour de cet officier français qui, depuis Londres, refuse la capitulation et appelle « tous les Français, civils ou militaires à poursuivre la lutte, qu' une armée en exil va se constituer, les Forces Françaises Libres (FFL) alors que simultanément, la résistance intérieure (futurs FFI) se construit à partir de différents réseaux.
Les actions des résistants, très diverses, convergent vers les principaux objectifs :
- exalter les sentiments patriotiques et convaincre les Français que la victoire des Alliés est possible, (tracts, papillons, journaux clandestins, manifestations symboliques),
- rendre la présence de l'occupant aussi difficile que possible (sabotage, attentats, puis maquis),
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se préparer en vue de passer, le moment venu, à l'action militaire pour libérer le territoire national.
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Appel À tous les Français du Général de Gaulle placardé en juillet 1940 et rappelant l'Appel du 18 juin à la BBC.
Source : Fondation Charles de Gaulle |
Les jeunes qui entrent en résistance dès 1940 ne sont pas, le plus souvent, à l'origine des mouvements et réseaux où ils s'engagent. Les organisations de Résistance qui se constituent peu à peu ne cherchent pas particulièrement à attirer les plus jeunes : elles visent « les Français » en général, les invitant à vaincre l'esprit de soumission et à croire en la victoire possible des Alliés (en 1940, seul le Royaume Uni est encore en guerre contre l'Allemagne).
Les mouvements de Résistance sont néanmoins, dès leurs débuts, majoritairement composés de jeunes.
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Dès les débuts de l'occupation, les papillons patriotiques fleurissent sur les murs et les panneaux de signalisation
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Source :
Musée d'histoire vivante à Montreuil |
Entrer en résistance résulte d'un choix individuel motivé par l'attachement à des valeurs, morales, politiques ou religieuses et par une certaine forme de patriotisme.
Les témoignages des Résistants soulignent la diversité de leurs origines sociales, culturelles, politiques, religieuses, géographique…et la diversité des formes d'engagement, et des raisons qui les ont motivés. Ils ont toutefois en commun le fait d'avoir fait le choix de désobéir.
Les valeurs partagés par les jeunes résistants sont, tout d'abord, le patriotisme : résister, c'est refuser la défaite et la soumission, c'est s'affirmer comme Français, et comme porteur des valeurs du « pays des Droits de l'Homme ». Résister, c'est agir en citoyen responsable et conscient qui se doit de défendre la République et la démocratie, ainsi que leur fondement qu'est la Déclaration du droit de l'Homme et du citoyen.
D'autres joignent la Résistance au nom des valeurs chrétiennes. C'est le cas d' Edmond Michelet qui fait le choix de « désobéir aux hommes plutôt qu'à Dieu, et sauver son âme plutôt que de la perdre ». Cette motivation inspire également les animateurs du journal clandestin Témoignage chrétien , fondé par le Père Chaillet qui revendique une résistance spirituelle : « Des chrétiens nous savons qu'il n'y a pas le choix dans l'ordre nouveau dont rêve Hitler, nous refusons l'alignement totalitaire (…) les chrétiens de France ne trahiront ni l'Évangile ni la France. »
Face à Vichy, à la collaboration et à la dictature, aux représailles contre les populations civiles, aux otages fusillés, aux lois antisémites, puis aux déportations… des hommes et des femmes se lèvent au nom des valeurs de l'humanisme .
La Résistance agit comme un creuset où se fondent des personnes d'origines et de motivations diverses, et s'organise autour de mouvements de sensibilités politiques très différentes.
Le parcours d'un jeune Résistant commence souvent par la distribution de tracts et par des inscriptions sur les murs. Puis, beaucoup deviennent agents de liaison, participent à des commandos de sabotage… et, plus tard, rejoignent les maquis.
Alors que les réseaux de sociabilité (lycées, universités, lieux de travail, organisations de jeunesse…) confèrent à chaque mouvement une certaine homogénéité, la clandestinité permet des rapprochements entre des classes d'âge et des origines sociales diverses.
Pour entrer en Résistance, les chemins empruntés par les jeunes sont multiples : syndicats, associations de jeunesse, établissements scolaires…