Otages, fusillés, déportés

Dès les débuts de l'occupation, en juin 1940, une répression contre toute forme d'atteinte à l'occupant est immédiatement mise en œuvre : une ordonnance allemande datée du 10 mai 1940 précise de les comportements répréhensibles et dorénavant punis.

 

Après l'Armistice, la répression est toujours d'actualité, en particulier en zone occupée.
Entre l'été 1940 et le printemps 1941, les condamnations à mort visent les auteurs d'actions contre les troupes d'occupation. Elles demeurent encore peu nombreuses.
A partir de l'été 1941 (c'est le moment ou le Parti Communiste Français se lance dans les actions directes contre les troupes d'occupation) le commandement militaire en France utilise la politique des otages pour tenter de briser toute volonté d'opposition armée.

 

La politique des otages

Le 16 septembre 1941, suite à un premier attentat individuel perpétré à Paris, métro Barbès, contre l'aspirant allemand Moser (le 21 août 1941) 12 otages juifs et communistes sont exécutés.
C'est encore en mesure de représailles à l'exécution d'un officier allemand, que Guy Môquet et 26 autres otages sont exécutés le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, comme 21 otages à Nantes et 5 à Paris.
Un nouvel officier allemand est abattu à Bordeaux le 21 octobre 1941 : en mesure de représailles, 51 otages sont fusillés les 23 et 24 octobre 1941 à Souges, près de Bordeaux.

Les fusillés de Souges

 

Le Code des otages

Les internés communistes de zone occupée sont les premiers touchés par la politique des otages mise en œuvre par les autorités allemandes après les premiers attentats individuels visant des officiers de la Wehrmacht en août 1941. Le 30 septembre 1941, Otto von Stülpnagel chef de l'administration militaire d'occupation, définit, dans une ordonnance, un « code des otages » : pour un soldat allemand exécuté, 50 à 100 otages français seront fusillés. Ces otages doivent être choisi en priorité parmi les « communistes ou anarchistes » et, si possible, à titre de dirigeant.

 

 

95 communistes et Juifs subissent le même sort le 15 décembre 1941, après une nouvelle vague d'attentats ; les Juifs ont été sélectionnés dans le camp de Drancy, les autres, pour l'essentiel des communistes dont Gabriel Péri, au Fort de Romainville, dans les camps de Compiègne et de Châteaubriant, dans les prisons de Fresnes, de la Santé ou de Fontevrault.
Au total, plus de 800 otages sont exécutés en France entre septembre 1941 et octobre 1943.
L'objectif des autorités allemandes est clair : en exécutant des otages après chaque attentat, l'occupant espère semer la terreur et tourner l'opinion publique contre les « terroristes  ».
L'exécution de très jeunes otages, comme Guy Môquet, provoque au contraire, une certaine indignation et fait apparaitre ces jeunes comme des « martyrs de la barbarie nazie » .

 

 

Le 25 octobre 1941, le Général de Gaulle, à la BBC, rend hommage aux fusillé de Châteaubriant, Nantes, Paris et Bordeaux: « […] En fusillant nos martyrs, l'ennemi a cru qu'il allait faire peur à la France! La France va lui montrer qu'elle n'a pas peur de lui  […] ».

 

 

Des condamnations à mort par des tribunaux aux déportations

3.000 condamnés à mort sont fusillés suite à la sentence des tribunaux militaires allemands en France. Certains (plus de 200) sont exécutés suite à une condamnation à mort par les tribunaux français (mais nombre de résistants arrêtés par la police française sont livrés à l'occupant qui les condamne à mort).
Cependant, conscient que les fusillades suscitent la désapprobation de la population française, l'occupant allemand choisi, à partir de l'été 1942, de faire déporter vers les camps de concentration près de 45 000 personnes arrêtées pour fait de résistance.
À partir du printemps 1944, une répression brutale s'exerce sur les grands maquis, puis sur la population civile, le plus souvent avec la complicité de unités françaises des Groupes mobiles de réserve (GMR) et de la Milice.