Juin 1940

Après huit mois de «  drôle de guerre », l'offensive éclair de l'armée allemande qui a débuté le 10 mai 1940 provoque, en six semaines, l'effondrement de l'armée française : près de 100.000 morts, des milliers de blessés, plus d'1,5 millions de prisonniers.
L'armée allemande avance tandis que les populations se ruent sur les routes : c'est l'exode.

Le territoire national est envahi. Le gouvernement français fuit Paris pour Bordeaux, où politiques et militaires s'affrontent sur la question de continuer la guerre en Afrique du nord et dans les colonies ou de capituler. Le Général de Gaulle, entré au gouvernement le 5 juin 1940, résume la polémique : «  Il s'agit de savoir si on se bat ou si on ne se bat pas  ».

Appelé au pouvoir depuis le 18 mai 1940, le maréchal Pétain - qui devait, en principe, symboliser le sursaut face à l'envahisseur (comme à Verdun durant la Première Guerre mondiale) - prône l'idée d'un armistice.

14 juin 1940 : Arrivée des troupes allemandes qui défilent sur les Champs-Elysées

Source SHD

Le 14 juin 1940, les troupes allemandes défilent sur les Champs Élysées à Paris.

Le 16 juin 1940, alors que les troupes allemandes occupent Paris, Paul Raynaud, Président du Conseil, démissionne et laisse sa place à Pétain. Le Général de Gaulle décide de quitter la France pour l'Angleterre. Il lance, le 18 juin, un « Appel à tous les français  » où il prononce, pour la première fois, le mot de « résistance ».
L'armistice est signé le 22 juin 1940, mettant fin aux combats. Mais il n'apporte pas la paix.

La France est coupée en deux

Source Académie de Grenoble

Carte de la France de Juin 1940 à novembre 1942

Selon les conditions de l'Armistice signé entre Hitler et le Maréchal Pétain, l'Alsace et de la Lorraine sont annexés au Reich, la zone frontalière de la Belgique est rattachée au commandement Allemand de Bruxelles, la moitié nord du territoire est occupée, et la France doit assurer l'entretien des troupes d'occupation et payer à l'Allemagne des indemnités d'occupation colossales.

Le territoire national est partagé en deux zones, séparées par une ligne de démarcation pratiquement infranchissable sans autorisation officielle (Ausweis ) : au nord la zone d'occupation, au sud une zone non – occupée, dite libre, administrée par le Gouvernement de Vichy.

Le gouvernement s'installe à Vichy

L'armistice ne signifie pas seulement la fin des combats, c'est un tournant politique décisif. Dans la perspective d'une paix négociée, les partisans de la paix à tout prix adoptent le discours de l'adversaire d'hier : ils ne cessent de dénoncer les « tares » de la République, et accusent le Front populaire, les communistes, les Juifs et les Francs-maçons d'être responsables de la défaite…
Le 29 juin 1940, le gouvernement et les parlementaires déménagent à Vichy, ville thermale de l'Allier. Le 10 juillet 1940, dans la grande salle du casino, l'Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain (les socialistes et radicaux votent ‘contre', les communistes ne siègent plus depuis octobre 1939).
La Constitution est révisée, la IIIème République prend fin dans une apparente légalité.

L'Etat français

La France est désormais dirigée à Vichy par le Maréchal Pétain, chef de l'« Etat français  » qui maintient un semblant d'unité nationale alors que l'administration française est mise au service de l'occupant en zone nord.
L'économie nationale est ruinée : la France doit verser quotidiennement au Reich 20 millions de Marks (au titre des frais d'occupation), l'Occupant réquisitionne sans limite et la plupart des grands centres industriels et agricoles situés en Zone occupée produisent désormais au profit du Reich
Le nouveau régime se caractérise par l'autorité du « chef de l'Etat français ».
Pétain concentre les pouvoirs exécutif et législatif, et prend seul les décisions : le Parlement n'est plus réuni, la nomination remplace l'élection et le vieux maréchal désigne son successeur (Laval, puis Darlan). Toute vie politique est interdite. Les partis traditionnels cessent leurs activités, les syndicats sont dissous, la presse censurée…

«  Un ordre nouveau commence  » (Philippe Pétain 25 juin 1940). «  C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française (…) dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen, que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration  »
(30 octobre 1940)

DR

Le gouvernement de Vichy qui a choisi la collaboration avec l'Allemagne nazie, met en œuvre la Révolution nationale, un régime autoritaire, nationaliste, xénophobe et antisémite qui puise aux sources du fascisme. Le slogan Travail, Famille, Patrie, remplace la devise républicaine.

La collaboration

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Le 24 octobre 1940, la rencontre à Montoire-sur-le-Loir entre Pétain et Hitler se termine par une poignée de main devant les photographes.

La collaboration d'Etat est à l'œuvre. Le gouvernement de Vichy souhaite devenir un partenaire à part entière de l'Allemagne nazie, et ne cessera par tous moyens, de prouver sa loyauté aux nazis, l'Etat français va désormais aller de plus en plus loin dans la mise en œuvre de la politique de Révolution nationale, et les Allemands sont bientôt secondés par des Français collaborationnistes.