Guy Môquet et ses camarades fusillés
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Guy Môquet et son jeunes frère Serge, devant l'appartement familial, rue Baron à Paris (17e) en juillet 1939.
Source :
Coll. Musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne. Fonds Môquet-Saffray |
Guy Môquet est né le 26 avril 1924 à Paris. Il est le fils d'un cheminot syndicaliste, Prosper Môquet, élu député communiste en 1936 dans le XVIIe arrondissement (Paris). En septembre 1939, un mois après la signature du Pacte germano-soviétique, le Parti communiste est interdit. 42 députés communistes, parmi lesquels Prosper Môquet, fondent le Groupe ouvrier et paysan français : ils sont arrêtés et incarcérés.
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Prosper Môquet, député des Epinettes (Paris 17ème) dans les usines en grève en 1936.
Source : MRN Collection Fonds Môquet-Saffray |
Prosper Môquet, déchu de son mandat de député en janvier 1940, est condamné, en avril 1940, à cinq ans de prison. En mars 1941, il est déporté au bagne de Maison - Carrée en Algérie.
Guy milite aux jeunesses communistes clandestines. À la rentrée 1940, il décide d'interrompre ses études au lycée Carnot pour « prendre la relève » de son père. Dénoncé pour distribution de tracts, il est arrêté par deux policiers français, gare de l'Est à Paris le 13 octobre 1940.
Guy Môquet, n'a que 16 ans. Il est incarcéré à Fresnes et inculpé sous le même chef d'accusation que son père (Infraction au décret du 26 septembre 1939, portant dissolution des organisations communistes). Acquitté le 23 janvier 1941 et devant être mis en liberté surveillée, il n'est pas libéré mais interné administrativement à la prison de la Santé à Paris, puis à Clairvaux, dans l'Aube.
Le 16 mai 1941, il est transféré au camp de Choisel à Châteaubriant (actuelle Loire Atlantique).
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Photo prise à l'occasion de la finale d'un tournoi d'échec organisé au camp de Choisel à Châteaubriant en septembre 1941.
Source : MRN Collection Fonds Môquet-Saffray |
Le 20 octobre 1941, le Feldkommandant Karl Hotz, un officier de la Wehrmacht, est abattu à Nantes par un jeune communiste. En représailles, l'Occupant décide que 50 otages seront fusillés.
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Avis officiel bilingue (Allemand/Français) émanant des autorités allemandes et annonçant les mesures de représailles suite à l'exécution le 20 octobre 1941 du Feldkommandant de Nantes Hotz. 21 octobre 1941.
Source :
Coll. Musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne. Fonds de l'Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé |
C'est un Français, Pierre Pucheu, Ministre de l'intérieur du gouvernement de Vichy qui dresse la liste des 27 condamnés du camp de Choisel. Parmi eux, Charles Michels, député communiste déchu et Jean- Pierre Timbaud, militant syndicaliste GCT. Le plus jeune est Guy Môquet.
Guy Môquet et ses 26 camarades sont fusillés le 22 octobre 1941 dans la carrière de la Sablière près du camp de Châteaubriant, 21 autres le seront à Nantes et 5, au Mont Valérien à Paris.
La liste des otages fusillés à Châteaubriant, Nantes et Paris.
La liste des fusillés de Châteaubriant publiée dans le Journal collaborationniste L'Œuvre.
Avant leur exécution, les fusillés ont très peu de temps pour rédiger une dernière lettre à leurs proches. Ils savent qu'ils doivent peser leurs mots car la censure pourrait en empêcher l'acheminement. La lettre de Guy Môquet est écrite au crayon à papier.
Dernière lettre de Guy Môquet
Le texte de la lettre de Guy Môquet
Cette lettre constitue, avec les messages gravés sur les planches de la baraque n°6 des otages de Châteaubriant, la trace de leur dernières pensées.
Les textes inscrits sur ces planches, ainsi que les témoignages des internés du camp de Châteaubriant ont été remis au poète communiste Louis Aragon quelques mois après l'exécution de Guy Môquet et de ses compagnons, accompagnés d'un message de Jacques Duclos : «Fais de cela un monument » . Aragon écrit alors, sous le pseudonyme de « Témoin des martyrs » un premier texte publié clandestinement dans " Le Crime contre l'esprit ". En mars 1943, il publie un poème, " La Rose et le Réséda ", dédié aux fusillés (Gabriel Péri, d'Estienne d'Orves, Guy Môquet et Gilbert Dru) .
René Guy Cadou a consacré un poème aux fusillés de Châteaubriant.
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Guy Môquet et ses compagnons fusillés de Châteaubriant, Nantes et Paris sont parmi les premiers des quelques 800 otages exécutés en France entre septembre 1941 et décembre 1943.
Guy Môquet devient très vite une figure emblématique de la Résistance. Des maquis et groupes de Résistants portent son nom.
À la Libération, Guy Môquet est cité à l'ordre de la Nation, à titre posthume, par un décret du Général de Gaulle.
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Affiche réalisée pour la première commémoration du 22 octobre 1944
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Le 22 octobre 1944, premier anniversaire de la fusillade après la Libération. Le parti communiste français organise la première cérémonie du souvenir à laquelle assiste l'ensemble des forces de la Résistance.
Source :
SHD sur le site du Ministère de la Défense |
Aujourd'hui des lycées, des rues et une station de métro à Paris portent le nom de Guy Môquet.